Le Linceul de Turin est-il surnaturel ?

                                                                                                                ConfŽrence de Marcel Alonso

 

Au cours de lÕAssemblŽe gŽnŽrale de notre association, le 27 mars 2008, Marcel Alonso, ingŽnieur, expert en gŽosciences, acceptŽ de rŽpondre ˆ la difficile question posŽe par MNTV, d'autant plus difficile qu'il entend rester dans le domaine qui est le sien: celui de la Science. Il a donc rassemblŽ dans une premire partie de son exposŽ les aspects, sinon surnaturels, tout au moins extraordinaires. Dans la deuxime partie, seuls les aspects "terre-ˆ-terre"seront exposŽs.

Membre du Conseil Scientifique du CIELT[1], Marcel Alonso est dŽjˆ connu des lecteurs de MNTV, notamment par la synthse quÕil a Žtablie sur les travaux effectuŽs par lÕensemble des chercheurs (et par certains contestataires) dans la pŽriode 2002-2005[2].

Le texte ci-dessous a ŽtŽ mis au point par l'auteur, ˆ l'aide des notes prises par MNTV pendant lÕexposŽ. Les notes de bas de page, propres ˆ MNTV pour la plupart, compltent cette prŽsentation.

Nota. Les observations et hypothses dŽjˆ dŽveloppŽes dans le bulletin MNTV n¡35[3] ne sont pas dŽtaillŽes ici. Le lecteur voudra bien s'y reporter.                                                                                             PdeR

 

I-                       INTRODUCTION

Si le nŽgatif photographique de l'image portŽe par le Linceul de Turin possde une Žblouissante majestŽ, la naturalitŽ de cet objet archŽologique est Žvidente d'abord au niveau du support lui-mme: il sÕagit dÕune pice de lin prŽcieuse, dont le filage et le tissage en chevrons nŽcessitrent de grands soins et un mŽtier particulier (existant au Liban ˆ lՎpoque du Christ, mais pas encore en Europe)[4]. En coudŽes juives d'usage au I¡ s), il mesure exactement 2 fois 4x2 (soit 4,40 x 1,10 m)[5].

La couture longitudinale (selon toute vraisemblance ˆ mme le Linceul) ˆ 8 cm du bord supŽrieur, a ŽtŽ faite ˆ une Žpoque rŽcente, vraisemblablement pour assurer, lors des ostensions, une meilleure rŽpartition des tensions locales et la planŽitŽ de l'image.

La topologie du tissage et la physico-chimie des fils, des fibres et des Žtats de surface (capillaritŽ) sont certes complexes, mais classiques. Et les faibles quantitŽs de fer[6], de calcium et de strontium trouvŽes sur les fibres sont vraisemblablement dues ˆ lÕopŽration ancestrale de rouissage-ˆ-terre.

 Il a subi un grave incendie (en 1532) et montre diverses bržlures et taches dÕeau, dont certaines trs antŽrieures ˆ cet Žvnement[7]. Les marques de ses vicissitudes sont innombrables.

Le test au C14, effectuŽ en 1988 sous la direction du British Museum, a "certifiŽ" une date de rŽcolte du lin entre 1260 et 1390[8], mais cette date est une vŽritable provocation [9].

 

Si le tissu porte lÕempreinte sanglante, donc Žgalement naturelle, dÕun homme flagellŽ puis crucifiŽ selon les mŽthodes en vigueur chez les Romains ˆ lՎpoque du Christ, il porte aussi autour des ces taches des aurŽoles claires, donnant ˆ l'ensemble l'allure d'un nŽgatif photographique, qui ne trompa pas l'AbbŽ Noguier de Malijay (physicien), lorsqu'en 1898 il en demanda vŽrification au cavalieri Secondo Pia. L'Žbranlement notoire des esprits provoquŽ par la photographie remonta jusqu'ˆ l'AcadŽmie des Sciences franaise[10].

 

Nous commencerons par examiner les aspects extraordinaires (dŽrangeants, voire surnaturels[11]) de cette relique authentique ˆ travers les attitudes successives de l'Histoire, de l'Art, de l'ƒglise et de la Science ˆ travers les ‰ges. Si elles furent d'abord universellement communes[12], elles divergrent notoirement ˆ partir du XX¡ s.

 

 

II        ATTITUDES DE LÕHISTOIRE ET DE L'ART

 

Selon les Evangiles, Joseph dÕArimathie Ç prit le corps de JŽsus et lÕenveloppa dans un linceul neuf È. Seul saint Mathieu (27 : 59) utilise le mot ÇsindonÈ de l'aramŽen ÇsadinÈ.  Il sÕagit bien du linceul immaculŽ dans lequel le Christ fut enseveli. Il est en "pur lin retors", comme le voile prŽconisŽ par hvhj (tabernaculum) pour recouvrir l'Arche d'Alliance. Et nous sommes bien en lÕan 33[13].

Notons que lÕHistoire ancienne, aussi bien en Orient quÕen Occident, parle d'une "empreinte" du Christ sur un "sudarium", alors que l'iconographie associŽe, elle, ne montre que des Saintes Faces (toutes "positives" bien qu'"acheiropoietes"), comme le "saint Mandylion" ou le "voile de VŽronique",É[14].  MŽlanges de rŽalisme et de surnaturel.

 

Aprs Ian Wilson, il a ŽtŽ d'usage de dater les fresques reprŽsentant un Christ imberbe aux cheveux bouclŽs (bon Pasteur des Catacombes), d'avant le VI¡ s, date o l'image d'ƒdesse appara”t aux byzantins, entre autres au Mont Sina• (Pantocrator). Rien n'est cependant moins vrai, car ce modle traditionnel conforme au Linceul[15], Žtait dŽjˆ visible au IV¡ s sur des fresques, comme ˆ Commodilla, ou des mosa•ques, comme ˆ Sainte Pudentienne de Rome. Et la belle mŽdaille de Boyer d'Agen pourrait bien en tre la premire reprŽsentation[16].

 

LÕhistoire ancienne attribue ˆ Çl'image dÕEdesse È la guŽrison spontanŽe, ˆ lՎpoque du Christ, du roi Abgar qui avait la lpre[17] (lÕimage apportŽe, pour les uns, par l'envoyŽ Ananias, pour d'autres par le disciple ThaddŽe[18]). La lŽgende du "Voile de VŽronique"[19] rŽsulte vraisemblablement de lÕimpossibilitŽ de comprendre comment lÕimage sÕest rŽalisŽe.  SignalŽe par Evagre le Scholastique au VI¡ s, elle fut ˆ partir du VII¡s dŽclarŽe "acheiropoits, i.e. non faite de main dÕhomme", puis mentionnŽe trs souvent ˆ partir du VIII¡s (ex: St Jean Damascne en 726). La photo de couverture montre sa redŽcouverte dans la haute muraille d'ƒdesse en 544[20].

 

Mais sa consŽcration pour le monde byzantin fut, aprs le sige d'ƒdesse, le transfert triomphal du Mandylion, "l'Image miraculeuse du Christ", ˆ Constantinople sous Romain LŽcapne, le 15 Aožt 944. Une miniature du moine grec Jean Skylitzs, montre ce transfert en grandes pompes et l'adoration prodiguŽe par le Basileus au saint Mandylion (to agion mandul). Comme lÕa dŽmontrŽ un membre de MNTV[21], le long tissu rose, qui supporte la prŽcieuse serviette ˆ franges, ne serait pas le Linceul lui-mme, mais plut™t le voile de protection du Visage du Christ. Un tel voile[22] se retrouve d'ailleurs dans lÕiconographie moyen‰geuse, pour la prŽsentation des saintes espces (photo n¡X).

 

PrononcŽe ˆ cette occasion (16 Aožt 944), l'homŽlie (Žnigmatique) de GrŽgoire le RŽfŽrendaire prŽcise: Ç La splendeur [de lÕimage] Žtait seulement due aux gouttes de sueur de lÕagonie au Jardin, qui ressortaient de lÕenveloppement, qui est la source de vie, sՎcoulant comme des gouttes de sangÉ Ce sont vraiment ces beautŽs que la couleur de lÕempreinte du Christ a dessinŽes É qui furent finalement rehaussŽes par les gouttes de sang sՎcoulant de son propre c™tŽ... Je dis que ce sont elles (gouttes de sang et dÕeau) qui ont ŽtŽ imprimŽes sur le drap È. Manifestement, il ne s'agit plus lˆ du Mandyl, mais du Linceul entier portant l'image du Corps du Christ. DŽsormais, les tŽmoignages vont abonder:

 

- Un plerin islandais mentionne, en 1157, la prŽsence ˆ Constantinople Ç dÕun Linceul portant le sang et le corps du Christ È.

 

- Vers 1160, lors d'un sŽjour ˆ Constantinople, un observateur hongrois a vu indubitablement le Linceul de Turin. En effet, une des gravures du fameux codex Pray[23], reprŽsente Ç les linges affaissŽs È au tombeau, et principalement un linceul ˆ chevrons, portant quatre petits trous en Žquerre (photo n¡ X), caractŽristiques du Linceul de Turin. Ces bržlures en Žtaient la signature bien avant l'incendie de ChambŽry (cf Lier, SakliÉ). Ce manuscrit[24] a portŽ le coup de gr‰ce ˆ la datation calamiteuse de 1988.

 

- Dans son inventaire des reliques de Constantinople, en 1201, Nicolas MŽsarits signale des Ç linges funŽraires du Christ, en lin ordinaire, sentant encore la myrrhe, puisquÕils avaient enveloppŽ le corps nu dans la tombe È.

 

- Selon le rŽcit dÕun tŽmoin (Robert de Clari[25]), Ç le Sydoine dans lequel Notre Seigneur fut enveloppŽ, Žtait dressŽ debout chaque vendredi, si bien que lÕon pouvait y voir la forme de Notre Seigneur [26]È ; mais il disparut en 1204 lors du sac de Constantinople[27], Ç et personne ne sut ce quÕil advint de ce Sydoine lorsque la citŽ fut prise È. Cependant, on sait maintenant quÕil fut ˆ Athnes entre 1205 et 1207[28], amenŽ par Othon de la Roche[29], (lÕune des hypothses permettant de combler le trou entre 1205 et 1352, suppose quÕil l'aurait alors ramenŽ trs t™t en France, o il resta sous la garde discrte de ses amis Templiers[30]). Ë partir de 1352, date de la fondation de la CollŽgiale de Lirey, le Linceul entre dans l'Histoire officielle de l'ƒglise et de l'Histoire tout court.

 

En Conclusion, si l'image du Linceul de Turin n'appara”t, ˆ ce jour, manifestŽe dans lÕart que par les signes de Vignon ds le IV¡ s, ou plus clairement ˆ partir du VI¡ s, sur le Christ Pantocrator du Mont Sina•, (et bien sžr, sur les nombreuses monnaies byzantines postŽrieures), l'Histoire formelle permet d'assurer qu'il est certainement antŽrieur ˆ 1160, probablement antŽrieur ˆ 944, et qu'en toute vraisemblance il est celui qui enveloppa JŽsus de Nazareth. Son authenticitŽ, sa Conservation et sa sauvegarde paraissent attester la dimension surnaturelle du Christ.

 

 

III        ATTITUDES de lÕEglise

 

Pendant trs longtemps, lÕEglise a adhŽrŽ ˆ lÕauthenticitŽ du Linceul (celui de Turin) et l'a considŽrŽ comme le tŽmoin incomparable des souffrances du Seigneur et de sa resurrection.

 

- Ds 1356, ˆ l'incitation de nombreux Žvques et avec l'accord du Pape, la sainte Relique fut l'objet de pŽlerinages populaires ˆ Lirey, comme l'atteste le mŽreau en plomb de Cluny.

 

- Ë la fin du XIV¡ s, malgrŽ le "mŽmoire" de lՎvque Pierre dÕArcis (qui prŽtendait que son prŽdŽcesseur avait trouvŽ, 35 ans plus t™t, l'artiste qui l'avait peint), le Pape ClŽment VII autorisa la reprise des ostensions (bulles de 1390), en imposant un Çsilence perpŽtuel È ˆ lՎvque contestataire.

 

- Devant l'insŽcuritŽ grandissante, due ˆ la Guerre des Anglais, la Relique est confiŽe, en 1452 ˆ la toute-puissante Maison de Savoie, qui reoit l'autorisation de lui dŽdier une "Sainte Chapelle".

 

- La bulle du pape Jules II (26 avril 1506) approuve le culte public du Saint-Suaire et le reconna”t comme "lÕunique Linceul dans lequel NS JC lui-mme fut enveloppŽ au tombeau"; de nombreuses copies furent alors rŽalisŽes[31].

 

- Au plus fort des destructions de sanctuaires et d'objets religieux par les Protestants, la Sainte Chapelle fut incendiŽe (1532) et le Linceul, gravement endommagŽ, intelligemment rŽparŽ par les Clarisses de ChambŽry (1534).

 

- Mais la Savoie elle-mme est menacŽe par la guerre qui oppose Franois 1er ˆ Charles-le-Quint. Partiellement envahie par les Franais, le Linceul va trouver refuge ˆ Nice, qu'il va protŽger miraculeusement[32], de 1537ˆ 1561. Nice a depuis une ƒglise, un Tiers-Ordre et une Liturgie propre, dŽdiŽs au Saint-Suaire.

 

- L'insŽcuritŽ en France, amne la Maison de Savoie ˆ se replier ˆ Turin en 1578[33], assurant lˆ honneurs et protection ˆ la divine relique dont elle a la garde. Rome y participe, et tous les grands Žvnements publics donnent lieu ˆ des Ostensions majestueuses, au premier rang desquelles figurent toujours de nombreux Žvques prŽsentant la sainte Relique ˆ la dŽvotion des foules. De somptueux tableaux tŽmoignent aujourd'hui de ces ostensions dont le rythme moyen fut trentenaire jusqu'au XX¡s.

 

Mais, aprs la grande ostension de 1931, au cours de laquelle les photos prises par Enrie vinrent confirmer celles prises en 1898 par Secondo Pia, montrant que lÕimage corporelle a bien l'apparence d'un nŽgatif photographique[34], lÕEglise va progressivement reculer[35], les grandes ostensions publiques devenir plus privŽes; Puis, aprs la datation par le 14C, lÕEglise substituera officiellement le terme "d'ic™ne" ˆ celui de "relique"; Ce que confirmera "ThŽo" ("l'encyclopŽdie catholique du XX¡s", ˆ la Procure).  De nombreux ecclŽsiastiques adoptrent les thses ŽculŽes des rationalistes[36], comme le Pre MaldamŽ, recteur de l'Institut Catholique de Toulouse, adepte de la thse du chanoine Chevalier sur le faux moyen‰geux. Et donc le Custode de Turin arrta tous projets d'Žtudes nouvelles.

 

 

IV        ATTITUDES de lA SCIENCE

 

La communautŽ scientifique, bien que divisŽe, va effectuer en quelque sorte un parcours inverse de celui de lÕEglise: elle l'authentifiera comme un V¡ ƒvangile, allant jusqu'ˆ en faire le tŽmoin de la disparition du Corps du Christ, c'est-ˆ-dire de la RŽsurrection elle-mmeÉ et des phŽnomnes miraculeux qui l'ont accompagnŽe!

 

Mis ˆ part les rationalistes qui crurent l'affaire entendue et se contentrent d'injurier les "bigots"[37], la majoritŽ des savants, ecclŽsiastiques en tte, Žprise de vŽritŽ, pris l'humble parti de l'analyse patiente contr™lŽe par la raison. Ds le dŽbut du XX¡s des centaines de livres et des milliers d'articles furent produits par des savants, la•cs ou religieux, unis dans une mme dŽmarche, proposant observations et hypothses, en toute bonne foi[38].

 

C'est ainsi qu'ils examinrent sans ˆ-priori lՎtonnante corrŽlation entre les rŽcits ŽvangŽliques de la Passion du Christ, les donnŽes historiques sur les supplices de l'Žpoque, et le constat anatomique des images laissŽes par les coups et blessures sur le drap.  Dire qu'Il fut battu, flagellŽ, couronnŽ d'Žpines, qu'Il porta la croix, fut crucifiŽ, expira sur la croix, que Son flanc fut percŽ et qu'Il fut mis au tombeau, c'est peu de choses quand on en a vŽrifiŽ minutieusement les consŽquences: le nez brisŽ, la pommette droite tumŽfiŽe, un bout de barbe arrachŽ; comptŽ les marques laissŽes par les torchillia des flagra servis par deux bourreaux de tailles inŽgales; examinŽ les piqžres faites par une couronne d'Žpine, enfoncŽe ˆ coups de roseau depuis le front jusqu'ˆ la nuque, si profondes que leur retrait a occasionnŽ des ruisselets de sang, surtout lˆ o la tte reposait ˆ mme de drap; et les larges Žraflures laissŽes par la croix sur les Žpaules et le dos; quant aux mains, il fallut bien qu'elles fussent clouŽes vers le haut du poignet pour Žviter leur dŽchirement sous le poids du corps, et que le sang post-mortem fžt drainŽ vers le talon par le trou bŽant de la plante du pied; suivi les mouvements de l'agonie par les diverses orientations des traces laissŽes sur les bras par le sang qui tombait des poignets ouverts, le long des bras!; enfin observŽ que de son flanc droit percŽ, une large t‰che lacunaire de sang et de sŽrum sŽchŽs, issue d'une blessure bŽante large comme une lance romaine, laisse s'Žchapper deux ruisselets de sang post-mortem qui ont continuŽ d'inonder les reins aprs que le corps soit dŽposŽ et mis au tombeau, avec une attention d'extrme respect, comme en tŽmoignent la disposition du corps centrŽ dans son tabernaculum de lin retors, l'enveloppement soigneux de la tte et des pieds, la dispositions des alses, etc[39]É 

 

D'autres ont dŽmontrŽ que les taches "sanguines" qui traversent le drap sont effectivement composŽes dÕhŽmoglobine[40] et contiennent de lÕalbumine, comme les halos fluorescents de sŽrum qui les entourent. Ils en ont observŽ les crožtes laissŽes sur la cha”ne, note qu'elles s'Žrodent au grŽe des manipulations, si bien que par endroit elles ne subsistent plus que piŽgŽes dans la trame[41]. Et puis d'autres encore ont trouvŽ des pollens printaniers du Moyen-Orient, en quantitŽs anormales, donnant au Linceul toute sa dimension archŽologique[42].

 

Les conclusions des scientifiques sŽrieux sur le tissu et les images sanglantes qu'il porte sont unanimes: le tissu porte fidlement les marques de son histoire (lin, tissage, pollens, bržluresÉ), les empreintes qu'il porte sont mŽdicalement exactes[43], les distorsions observŽes sont topologiquement conformes ˆ l'enveloppement,  Au total, lÕHistoire et l'Art se trouvent donc confirmŽs:  il ne peut sÕagir dÕun faux.

 

Mais en approfondissant la nature des images et leur mode de formation cette unanimitŽ des scientifiques va se briser. Deux courants vont appara”tre: aux tenants d'une simple l'imprŽgnation capillaire des liquides corporels (voire de leurs vapeurs) par le tissu, va s'opposer une majoritŽ de chercheurs adeptes d'une double image: une sanglante  obtenue par contact direct avec le tissu, l'autre immatŽrielle projetŽe par le Corps lui-mme, sorte de "bržlure superficielle" occasionnŽe par d'un phŽnomne radiatif ˆ dŽcouvrir, et pourquoi pas de natureÉ surnaturelle?

 

Comment et pourquoi est-on arrivŽ lˆ? Pour faire court, retenons 2 dates:

- 1902: Žchec des vapeurs ammoniacales de Vignon, dont les images sur l'aloŽtine sont fluorescentes (ˆ l'inverse de celles du Linceul et surtout jugŽes trop "floues"[44].

- 1978: succs du STURP dirigŽ par Jackson pour la Physique et Rogers pour la Chimie. Il dŽmontre que l'image n'est ni une peinture, ni un artefact, mais engrange une telle quantitŽ de mesures physiques et d'observations[45] qu'il reste incapable d'expliquer son mode de formation[46]. Il conclut cependant ˆ l'authenticitŽ, mais sera contrŽ immŽdiatement par McCrone et, dix ans plus tard, par le British Museum. Ces diagnostics grossiers[47] furent rejetŽs par l'ensemble des chercheurs sŽrieux, mais curieusement n'auront que peu d'effets sur la dŽmarche scientifique elle-mme, entirement consacrŽe ˆ l'analyse des donnŽes du STURP.

 

En fait, depuis 25 ans, la Science bute sur la triple Žnigme de l'image de Corps: elle para”t "projetŽe" sur le tissu, sans lien avec l'image de sang, Son encodage para”t binaire et tridimensionnel. Enfin sa prŽcision extraordinaire para”t la mettre hors de portŽ des procŽdŽs classiques d'encodage. ƒnigmes redoutables car:

-la projectivitŽ suppose la collimation (des rayons) et l'orthogonalitŽ du drap (vertical ou horizontal). Le dŽcalage des taches de sang suppose la non-simultanŽitŽ des images (enveloppement prŽalable).

-la tridimensionnalitŽ exclu toute lumire rŽflŽchie (cela ne peut pas tre la photo d'un albŽdo naturel), et son caractre binaire renforce en fait la 3ime Žnigme.

-Les propriŽtŽs microscopiques de l'image paraissent peu conciliables: l'extrme superficialitŽ, avec le fait qu'elle entoure chaque fibre d'un film colorŽ protecteur, le "chiaro obscuro" monochrome (dž au "chromophore jaune-paille du carbonyle conjuguŽ >CO= crŽe par l'oxydation dŽshydratante de la cellulose") qui n'est autre en fait que celui des fibres voisines vieillies sans image, le fait qu'une fibre puisse tre colorŽe et non sa voisine, mais qu'ensembles elles soient non fluorescentes, etcÉ

 

Mais la beautŽ stupŽfiante et irrŽelle de l'image inversŽe[48], stimule l'imagination des chercheurs et leur engouement pour la difficultŽ, et conduit la grande majoritŽ de ces scientifiques sŽrieux ˆ se dŽtourner du simplissime processus de contact et d'imprŽgnation capillaire pour rechercher parmi les radiations celle qui permettra l'obtention de l'image parfaite vŽrifiant les propriŽtŽs suivantes:

Haute rŽsolution, superficialitŽ, "roussissure" non fluorescente, absence de distorsions et d'images latŽrales (dues ˆ l'enveloppement), image de sang disjointe de l'image corporelle (dŽveloppŽe extŽrieure ˆ celle projetŽe).

 

Les principales thses radiatives proposŽes sont les suivantes:

a- Radiations lumineuses:

Dr Allen: VIS, camera obscura, sur sels d'Ag

Dr Moran: VIS Dallas 2005

Dr Jackson: UV-V

Dr Wangher: RX

b-RadiationsnuclŽaires:

Dr Acetta: Radiations ionisantes,

RP Rinaudo Dr s Sciences:  Protons/Neutrons (quantiques)

c-Champs Žlectriques:

Drs Judica-Cordiglia (Pre et Fils): Van der Waals sur Bronze

Prs Fanti et Lattarullo: Corona (plasma): Dallas 2005

Dr De Liso: PiŽzo-ŽlectricitŽ (Paris 2002)

 

Mais la plus fantastique est celle de Jackson[49] magnifiquement mis en scne par David Rolfe dans le documentaire de la BBC 2 (P‰ques 2008). Rappelons que Rogers contestait, avec quelques bonnes raisons, toutes ces thŽories "radiatives"[50].

 

Nous avons vu que, pour la majoritŽ des Scientifiques, l'image du Linceul ne s'est pas faite "naturellement"É et donc qu'elle serait le rŽsultat d'un phŽnomne exceptionnel,   "surnaturel", dont la rŽsurrection fut consŽcutive !  Soit, mais ne pourrait-il pas tre tout autant "surnaturel" pour des raisons diffŽrentes? C'est ce que nous allons Žtudier en suivant la phŽnomŽnologie ŽvangŽlique, si bien ŽtudiŽe au dŽbut du XX¡s.

 

 

V        LA NATURALITƒ DU LINCEUL ET DE SES IMAGES

 

Le Linceul, par les milliards de fibres torsadŽes et maillŽes qu'il comporte est un milieu poreux solide, dont la topologie et les Žtats de surface sont parfaitement caractŽrisables. Le corps d'une personne nouvellement dŽcŽdŽe, est une source de liquides  et vapeurs variŽs connus. Le domaine de la physique qui dŽcrit l'interaction simple de ces 2 milieux est la CAPILLARITE[51]. On doit y additionner le domaine de la Chimie Organique qui dŽcrit l'Žvolution (dans le temps et des environnement donnŽs) de tous ces composŽs lorsqu'ils sont en phase adsorbŽe (Oxydo-RŽduction et Photochimie).

Mais s'agissant d'images, il sera bien sžr, fait appel souvent aux techniques de traitements d'images, souvent difficiles ˆ comprendre, mais dont les rŽsultats sont toujours trs spectaculaires.

Ces 3 domaines vont sous-tendre techniquement les  principes retenus ci-aprs pour dŽcrire les images.

 

1- "Le sens commun": Lorsque la Tradition note que les sueurs de l'agonie du Christ ont imbibŽ le Linceul, elle ne fait que dŽcrire globalement ce que les gens ont vu et compris[52].  Cela aide ˆ comprendre les macrophotographies de Mark Evans du STURP[53].

 

2-UnicitŽ des images[54]: elle dŽcoule de 4 observations:

- La pseudo distorsion visuelle[55] entre l'image projetŽe et celle dŽveloppŽe n'est qu'apparente. Cette illusion d'optique dispara”t lorsqu'on enlve les bandes noires verticales (qui encadrent ici le Visage). Celui-ci devient alors immŽdiatement plus "rond" (conservant une lŽgre dŽveloppŽe due ˆ la courbure du drap qui l'enveloppe le Visage).

-Le dualisme visuel ("image de sang par contact, puis "flash provoquant l'image corporelle") est rŽducteur. Il y a en rŽalitŽ continuitŽ spatiale entre les taches  (le sang, le plasma qui s'en Žchappe, le sŽrum autour des caillots, la sueur et l'eau[56] bien visibles sur les parties capillaires trs humides, puis la peau proche vaporisant ses humeurs) et le tissu jauni[57]. Mais aussi continuitŽ temporelle entre le sang ante-mortem[58] et le sang post-mortem, rendu fluide par la fibrinolyse[59], et qui va s'Žcouler lentement, en particulier par les trous profonds laissŽs par les clous.

-L'absence de plaies ouvertes sur les joues (dont le sang aurait ŽtŽ reportŽ sur les cheveux par le dŽroulŽ du drap)[60]. L'effacement des bandes noires (notŽ ci-dessus) laisse voir les bords du visage lisses et indemnes de blessures,  et donc un report injustifiŽ.

-La simulation gŽomŽtrique de l'enveloppement du corps: le dŽroulŽ du drap montre qu'il suit Žtroitement 80% de la surface du corps. L'image gŽnŽrale est donc une image majoritairement de contact, dont la partie projetŽe (<20%), proche du tissu, dispara”t au-delˆ de 3-4 cm.

Conclusion: le simple principe d'une "image unique", mise en place progressivement, durant les 30 heures d'entombement, rŽsout toutes les soi-disant Žnigmes (ou mystres) affŽrents: "pas d'images latŽrales; pas d'image sous le sang; absence de "smearing", crožtes et fibres arrachŽes, puisque le sang "collŽ" au tissu (adsorption) ne peut pas "coller" au corps mort (ˆ cause de la fibrinolyse); pas de projection collimatŽe; pas de drap en apesanteur; pas de sang dŽportŽ par le dŽroulŽ du drap...

 

3-Vraie superficialitŽ (ŽphŽmre) des images (celle des crožtes et des particules):

La structure 3D du tissu fait que normalement au contact du corps la cha”ne va recevoir en prioritŽ les liquides corporels prŽsents sur la peau, ainsi que toutes les particules solides opaques ou colorŽes (poussires terreuses et micro-caillots de sang), qui vont rester agglutinŽes[61] sur le plan tangent au tissu, c'est-ˆ-dire au sommet des fils de cha”ne (la majeure partie des fluides mobiles ayant elle migrŽ dans la profondeur des mailles). Aujourd'hui, il ne reste presque plus  de telles images sur la cha”ne[62], bien qu'elles soient Žvidemment les plus visibles au microscope (par l'abondance des particules solides). L'hypothse de la double superficialitŽ de l'image (Fanti, Rogers, 2005) est dŽmentie par l'image en transmission prise par Riggi en 1988, qui montre qu'elle existe bien dans l'Žpaisseur du tissu (voir plus loin).

 

4-CapillaritŽ du Linceul: r™le majeur sur la lisibilitŽ l'image. Elle intervient ˆ 3 niveaux:

-le pigeage capillaire: en enlevant par la transformŽe de Fourier l'image de cha”ne, l'image gŽnŽrale est conservŽe (juste un peu assombrie, car la cha”ne est claire). C'est qu'aujourd'hui l'essentiel des couleurs (films dessŽchŽs) est pigŽ dans la trame, lˆ o le potentiel capillaire trs ŽlevŽ a attirŽ le plus de fluides (qui se sont colorŽs en sŽchant); mais Žgalement vŽritable nid ˆ poussires. Grosso modo, ces fluides ont enrobŽ les fils sur une Žpaisseur de 2 ˆ 3 fibres, et ont crŽe des amas en sŽchant dans les espaces les plus larges (fils de trame). Ceci donnera, en gŽnŽral, aux fils cet aspect striŽ (dŽp™ts le long des fibres torsadŽes), et un renforcement des couleurs dans la trame.

-la migration trans-maille:  depuis 2002, il est possible de comparer les 2 cotŽs du Linceul. On voit par exemple, au  niveau de l' e , le sang entrer par les mailles de trame (b‰tonnets horizontaux) et ressortir en minces filets par les mailles de cha”ne (b‰tonnets verticaux) [63]. Il faut remarquer que cette migration a lieu Žgalement horizontalement, permettant de voir des effets chromatographiques (au niveau du sŽrum des taches de sang, aussi bien que des taches d'eau). C'est aux niveaux o les fluides Žtaient les plus abondants que cette migration est la plus visible[64].

-RŽsidus de pigeage pendulaire: les images par transmission laissent voir un lŽger Žpaississement des fils, dans les mailles (pourtant l‰ches), confirmant la prŽsence de l'image dans la profondeur du tissage. En effet, les fils dont le diamtre est 100 fois plus grand que les fibres n'ont pu piŽger un surcro”t de liquides, collo•des et  particules associŽes, qu'aux points de contacts entre eux. Ce seront les zones ayant retenu dans leurs mailles le plus de fluides qui appara”tront aprs sŽchage les plus sombres (celles au contact des cheveux, moustache, barbe, sourcilsÉ). C'est une preuve supplŽmentaire en faveur du principe d'image capillaire, opposŽ au ˆ celui d'image radiative.

 

5-La Diffusion molŽculaire  (comme processus de transfert distal d'images organiques):

Il est clair que 10 ˆ 20% des images concernent des zones hors contact, o la capillaritŽ n'a pu adsorber directement les fluides. Ce sont principalement:

          - sur la face ventrale: le cou et le bas-ventre (autour des mains),

  - sur la face dorsale: les creux poplitŽs ( ˆ l'arrire des genoux) et l'intŽrieur des

             chevilles[65].

Il est clair que les herbiers de Volckringer sont de vŽritables photographies monochromes des plantes. Ils possdent les mmes propriŽtŽs de rŽflectance, de fluorescence masquŽe, et de tridimensionnalitŽ que le Linceul. Mais peuvent-ils tre obtenus ˆ distance de 20 ˆ 30 mm? Cela est peu probable, mme en un sicle, car la feuille ayant une Žpaisseur restreinte sa dessiccation ne pourra mobiliser qu'une quantitŽ d'eau restreinte. Mais ce n'est plus le cas, si nous prenons un Ïuf rond. Fra”chement ŽpluchŽ (gorgŽ d'eau) et mis sous un plat d'argent, il va se dŽssŽcher, libŽrant avec les molŽcules d'eau des molŽcules organiques qui ont la propriŽtŽ de colorer l'argent[66]. Nous avons obtenu ainsi des "photographies" d'Ïufs, projetŽes (quasiment avec des lois d'optique), ˆ plusieurs dizaines de mm. Ces "photographies" ont les mmes propriŽtŽs que celles de Volckringer[67]. Les lois de la Physique permettent d'en prŽvoir toutes les caractŽristiques.

 

6- Les diffŽrentes catŽgories d'images: (selon le principes aquinate de l'hylŽmorphisme)

  

Nous essayons ici de faire correspondre ˆ chaque image (apparence: forme, couleurÉ) une nature physico-chimique (Žpaisseur, propriŽtŽs,  voire "histoire"). Nous distinguerons les images "rŽactives" et les images "additives"[68].

 

 

 

- Images "rŽactives" de base: ce sont celles du tissu lui-mme, tel que vu aujourd'hui. Leur couleur correspond gŽnŽralement au vieillissement de la cellulose[69]. En milieu sec, le jaunissement de la cellulose (dž ˆ l'action des UV en prŽsence de l'oxygne de l'air, appelŽe: "oxydation dŽshydratante")[70] correspond ˆ l'apparition dans la cha”ne molŽculaire de radicaux carbonyles divalents (>C=O) et de fonctions ŽthylŽniques sensibles (doubles liaisons >C=C<) conjuguŽs, c'est-ˆ-dire rŽpŽtŽs ˆ intervalles rŽguliers. Leurs  frŽquences ont crž lentement dans le temps. Remarquons que l'intensification de cette action provoque des acidifications et des ruptures de cha”ne analogues ˆ celles observŽes sur les produits de combustion thermique. Temps et tempŽrature Žtant interchangeables (exponentiellement)[71] on passera donc du vieillissement ˆ la roussissure thermique par un jaunissement accentuŽ sans changement notable de nature chimique[72]).

 

- images corporelles de nature "rŽactives": elles correspondent aux zones ŽloignŽes du tissu, atteintes par la vapeur d'eau rendue basique par l'ensemble des produits ˆ fonctions d'amines primaires[73] provenant des liquides corporels en phase d'Žvaporation[74] (rappelons que le corps reste trs longtemps au-dessus de la tempŽrature extŽrieure, ˆ fortiori quand celle-ci devient celle du tombeau). Les fibres hydrolysŽes seront plus sensibles ˆ l'oxydation. Il y aura lˆ comme "un vieillissement prŽmaturŽ" des fibres. Le nombre de liaisons chromophores devenant plus grand, elles appara”tront "plus jaunes".

Ces images "jaune-paille", comme les prŽcŽdentes, font partie intŽgrante de la fibre. Elles n'affectent qu'une mince couche de fibrilles de surface de la parois primaire (une fraction de micron). Pour tre effacŽes, elles devront faire l'objet d'une vŽritable rŽaction chimique (par exemple: rŽduction par le diimide natif).

 

- images corporelles de nature "additives":

Elles correspondent ˆ celles qui sont formŽes par des dŽp™ts plus ou moins colorŽs autour des fibres, lesquelles sont ainsi protŽgŽes du vieillissement qui affecte les images prŽcŽdentes. Elles sont d'apparence et d'Žpaisseur trs variŽes. Elles vont depuis celles de type "Rogers" (films colorŽs trs fins entourant les fibres), jusqu'aux dŽp™ts sanguins colmatant les mailles.

Alors que Rogers supposait que ces films amovibles Žtaient constituŽs par des mŽlano•dines[75], sur les 2 plans tangents aux fils (extŽrieur et intŽrieur), on sait maintenant que l'image est dans l'Žpaisseur du tissu, qu'elle Žpouse par capillaritŽ les fibres, qu'elle peut tre transparente lˆ o le sŽrum seul a sŽchŽ (sans occulter la fluorescence), ou opaque dans les tra”nŽes de sang sŽchŽ.  Les macrophotos d'Evans nous montrent une grande variŽtŽ des  crožtes striŽes, de couleurs variŽes, allant du vernis lisse et brillant au dŽp™t hŽrissŽ de particules agglomŽrŽes (terre, sang, grumeaux organiquesÉ).

 

 

CONCLUSIONs GƒNƒRALEs

 

Face aux thŽories radiatives (et fulgurantes) toutes imprŽgnŽes de "surnaturel", les dŽcouvertes rŽcentes de la prŽsence d'images au revers et jusque dans la maille du tissu, les enseignements du Codex Pray[76], l'imagerie de qualitŽ mise ˆ disposition de la recherche par Barrie Schwortz, les logiciels et moyens de calculs associŽs[77], ont permis de proposer une thŽorie globale, non rŽductionniste, de la formation des images.

Si elle a l'avantage d'tre conforme au "razoir d'Occam"[78], il faut reconna”tre qu'elle n'a pas encore reu "l'adoubement des pairs". Ceci est parfaitement comprŽhensible car ce n'est pas sans Žmotion que l'on peut contempler cette image si belle et parfaite, Žblouissante dans sa VŽritŽ, et inimitable dans sa complexitŽ.

 

Mais n'est-ce pas le Christ lui-mme remercia son Pre de cacher aux Scribes et aux Savants ce qu'Il rŽvle aux Simples et aux Petits?É. L'inoubliable Saint-Ex ajoute: on ne comprend bien qu'avec son cÏur!

 

 

 

 

 

 

 



[1] Centre International dÕEtudes sur le Linceul de Turin, association dont le sige est ˆ  Paris.

[2] cette synthse a ŽtŽ prŽsentŽe au congrs dÕArgenteuil, en novembre 2005 - cf. MN TV n¡35.

[3] cf. Ç Travaux scientifiques rŽcents effectuŽs sur le Linceul de Turin È - article de M. Alonso.

[4] une Žtude approfondie du tissage a ŽtŽ menŽe Gabriel Vial (Actes CIELT 1989). Voir aussi Mechtild Flury-Lemberg (MN TV n¡32).

[5] MesurŽ par Ian Dickinson, l'Žtalon de la coudŽe juive du 1er sicle (du British Museum) fait 55 cm.

[6] En dehors de celles concentrŽes sur le front des taches d'eau (imputŽes indžment par McCrone ˆ une peinture)

[7] cf. Žtude dÕAldo Guerreschi - MNTV n¡ 26.

[8] cf. dŽclaration conjointe du 13 octobre 1988, par les Professeurs Hall, Hedges et Tite, confirmŽe par une publication dans la revue scientifique internationale "Nature" de fŽvrier 1989.

[9] Niant son existence trs antŽrieure, elle vise clairement ˆ authentifier la date "historique" du Chanoine Ulysse Chevalier (voir plus loin). Le Pr. Tite s'en est dŽfendu en reconnaissant, quelques mois plus tard (de faon lŽonine) que "ce rŽsultat ne permettait pas de conclure que le Linceul est un faux". Pour lui cela est Žvident puisque, comme son collgue J. ƒvin, il soutient la thse macabre de "l'empreinte authentique d'un crucifiŽ du XIV sicle"!

[10] son SecrŽtaire (le chimiste Marcellin Berthelot) exigea que la communication du savant Yves Delage (pourtant agnostique), qui exposait les raisons pour lesquelles la personne ainsi "photographiŽe" ne pouvait tre que JŽsus de Nazareth, ne soit pas enregistrŽe dans les fameux CRAS. De nos jours, c'est le savant Maurice Allais, qui fait l'objet d'un ostracisme similaire, car il remet en question la sacro-sainte RŽlativitŽ.

[11] L'expression "surnaturel" n'est utilisŽe ici que dans son sens trivial et non mŽtaphysique.  Dans cet exposŽ le terme "science" restera toujours purement "cartŽsien", privilŽgiant le raisonnement ˆ l'analogie.

[12]ˆ l'exception notable toutefois de la hiŽrarchie protestante. En effet, Calvin regrettait qu'il n'ežt pas ŽtŽ bržlŽ en 1532, alors qu'au XX¡s les pasteurs protestants, en grand nombre, Žtudirent soigneusement la relique et conclurent, pour l'immense majoritŽ d'entre eux, qu'elle Žtait authentiquement Émiraculeuse!.

[13] mme si, selon certains, notre calendrier GrŽgorien pourrait prŽsenter une avance de 3 ou 4 ans.

[14] Le sens du mot "suaire", qui ˆ l'origine Žtait un mouchoir (sudor = sueur), va Žvoluer jusqu'ˆ devenir le drap entier d'enveloppement des morts (= linceul).

[15] voir ˆ ce propos les caractŽristiques iconographiques proposŽes par Paul Vignon (Le Linceul du Christ -Etude Scientifique, 1902) ou Yvonne Bongert (L'iconographie du Christ, Actes du CIELT, 1993)

[16] Tessre redŽcouverte ˆ Campo dei Fiori au XIX¡s, dŽjˆ cŽlbre au XVI¡s (Saint PieV), et en Irlande (mŽdaille de Cork).

[17] Abgar V Okouma, roi dÕEdesse ˆ partir de 9 ap. J.C.  Eusbe de CŽsarŽe mentionne sa correspondance avec JŽsus, et signale par ailleurs que, circulaient en son temps, des portraits de Notre-Seigneur, faits en peinture d'aprs une ancienne tradition (Hist. Eccl. VII. 18).

[18] selon un texte apocryphe du VI¡- VII¡s. cf. Ç La lŽgende du roi Abgar È - A. Desremeaux.

[19] qui semble sÕaccrŽditer vers le VI¡s - cf. Ç Dictionnaire du Linceul de Turin È - D. Raffard de Brienne.

[20] M. Paolicchi in Shroud.it/Edessa. Cependant Ian Wilson fait remonter cette dŽcouverte ˆ lÕinondation de 525 - cf. Ç Le Suaire de Turin È, Žditions Albin Michel..

[21] cf. Ç Parcours personnel dans le Manuscrit de Skylitzs È - article de P. de Riedmatten - MNTV n¡ 30.

[22]  Voile humŽral de la liturgie extraordinaire catholique (utilisŽ encore de nos jours, sous une forme quelque peu rŽduite, lors de l'ostension du saint Sacrement)

 [23]  Archive Hongroise n¡1 ˆ la bibliothque nationale de Budapest, ce manuscrit fut signalŽ ds 1985 par le Pre Dubarle (Hist. Anc. Du Linceul de Turin jusqu'au XIII sicle). Puis il fut ŽtudiŽ soigneusement par les Professeurs JŽr™me Lejeune, Y. Bongert, H. Carcelle (Actes CIELT 1993 ) et E. Poulle (RILT n¡ 25).

[24] Les 4 miniatures qu'il comporte rŽsument, ˆ la manire d'une bande dessinŽe, tout ce qui Žtait connu alors sur la mort du Christ, y compris les menus dŽtails de son ensevelissement dans le Linceul de Turin (cf RILT n¡30).  Le dessinateur a dž apprendre cela, au plus tard, lorsqu'il sŽjournait ˆ Constantinople avec la cour du roi de Hongrie, Bela III, fiancŽ ˆ la fille du BasilŽus. Or en 1169, les fianailles furent rompues et les deux pays entrrent en guerre!ÉPour Y. Bongert (Actes 1993, p 99) une date de 1150 serait probable.

[25] in "La conqute de Constantinople" (1204), traduction du franais ancien par Jean Dufournet.

[26] Il le vit ainsi dŽployŽ durant 1203, dans lՎglise Ste Marie des Blachernes.

[27] Par les croisŽs, lors de la quatrime croisade.

[28] cf. lettre de ThŽodore Ange au pape Innocent III, dont la trace retrouvŽe dans les archives du Vatican pose toutefois quelques problmes non rŽsolus.

[29] Seigneur bourguignon, lÕun des chefs de la quatrime croisade, ˆ qui Žchut le Ç duchŽ dÕAthnes È et qui est un anctre direct de Jeanne de Vergy, Žpouse de Geoffroy I¡ de Charny, mais propriŽtaire vraisemblablement de l'insigne relique. 

[30] Cette hypothse (favorite aux USA), comme celle du "suaire de Besanon" qui lui est associŽe, nÕa cependant pas ŽtŽ retenue par la plupart des historiens d'Europe, ni par le Pre Dubarle (supra).

[31] Des offices et une liturgie spŽcifiques furent crŽŽs, dont le demi-millŽnaire fut ŽtŽ ftŽ le 4 Mai 2006, ˆ Turin, assez discrtement (exceptŽ ˆ Nice o il y eut des processions publiques dans la ville).

[32] lors du sige de Nice par les Turcs, alliŽs de Franois 1er, le 15 Aožt 1543, le Linceul dŽployŽ du haut de la Tour Bellanda redonna courage aux niois, ce qui permis aux secours venus d'Espagne de dŽlivrer la ville

[33] Saint Charles BorromŽe qui vint ˆ sa rencontre, depuis Milan, en marchant, pleura en la contemplant.

[34] et dont le positif se rŽvle d'une beautŽ et d'une prŽcision encore plus extraordinaires.

[35] MalgrŽ la donation de la Relique au Pape en 1983, par la Maison d'Italie.

[36] En consŽquences tous les travaux scientifiques de qualitŽ furent calomniŽs, et le STURP (le courageux et honnte Shroud of Turin Research Project dirigŽ par Jackson en 1978) fut exclu par le Vatican de l'Žquipe chargŽe de dater le Linceul, dont l'objectif Žvident fut la "vŽrification" de la thse "historique" d'U. Chevalier!

[37] exceptŽ les deux savants dŽjˆ citŽs, conduits par orgueil ˆ faire des faux: l'Historien respectŽ U. Chevalier (voir sur cette affaire lÕarticle "Ulysse Chevalier pris en flagrant dŽlit" - cf. MNTV n¡ 37), et le Microscopiste rŽputŽ W. McCrone qui prŽtendit contre toute Žvidence qu'il s'agissait d'une peinture ˆ hŽmatite et cinabre.

[38] Mme si quelquefois une imagination dŽbordante supplŽait une culture scientifique dŽfaillante.

[39]  cf RILT n¡ 30

[40] sÕagit-il vraiment de sang humain du groupe AB? voir les rŽserves Žmises par le GERRALT ˆ propos des leurres crŽes par les fibres vŽgŽtales  vieillies - cf. MNTV n¡ 33.

[41] cf. article de M. Alonso Ð Dallas 2005 (disponible ˆ <shroud.com>).

[42] les traces lŽgres et incompltes de lettres, pices de monnaie, fleurs diverses, phylactre, TitulusÉainsi que les ressemblances avec des radiographies par RX (des mains et des dents), posent des problmes de vŽrification, voire de crŽdibilitŽ, qui n'altrent en rien les observations majeures hors de doute dŽjˆ ŽnoncŽes.

[43] les mŽdecins lŽgistes modernes n'ont aucun mal ˆ interprŽter toutes les marques laissŽes par les supplices des ƒvangiles.

[44] les traces lŽgres et incompltes de lettres, pices de monnaie, fleurs diverses, phylactre, TitulusÉainsi que les ressemblances avec des radiographies par RX (des mains et des dents), posent des problmes de vŽrification, voire de crŽdibilitŽ, qui n'altrent en rien les observations majeures hors de doute ŽnoncŽes.

[45] quelques fois d'apparence contradictoire, car insuffisamment formulŽes.

[46] RŽsumons les principaux rŽsultats publiŽs ds 1983: l'image n'est pas une peinture (ni pigments, ni directionalitŽ). Elle n'est pas fluorescente (alors que le drap et ses bržlures le sont). Elle n'est pas une photo d'albŽdo (mais elle encode des donnŽes de relief). Elle est superficielle, au sommet des fils tissŽs (< 30 m, soit 2 fibres, mais qu'elle entoure sur une Žpaisseur de 0,2 m). Elle est binaire: son chromophore jaune-paille est un carbonyle conjuguŽ crŽe par un processus d'oxydation dŽshydratante, qui n'est dŽcolorŽ que par le diimide. Ca, Fe, Sr sont prŽsents uniformŽment partout, en petites quantitŽs, conformes au rouissage ˆ terre. Les taches sanguines contiennent de l'hŽmoglobine et de l'albumine, avec des halots  fluorescents. Le sang repose directement sur la fibre de lin (pas d'image dessous).

[47] Rappelons que le Congrs de CIELT (Paris 1989) dŽnona des donnŽes fausses sur les Žchantillons, des rŽsultats opaques et incohŽrents (c 2 ŽlevŽ), et le manque de transparence des laboratoires. Cependant, malgrŽ la suspicion trs forte d'une substitution d'Žchantillons, les chercheurs acceptrent de tester les causes possibles d'un tel Žcart d'‰ge; parmi les principales citons la carboxylation thermique (Jackson) et l'irradiation par Neutrons (RP Rinaudo).

[48] vision directe inoubliable qu'un simple camŽscope Sony, pouvait procurer ds 1998, ˆ l'ostension du centenaire, car elle disposait dŽjˆ d'une fonction "inversion des couleurs" en temps rŽel, permettant de zoomer ˆ volontŽ sur un positif bleu extraordinaire de prŽcision !

[49] Les "vacuum UV" (absorbŽs par 1 mm d'air ou quelques dizaines de m d'Žtoffe), Žmis par le corps "dŽmatŽrialisŽ", "roussissent" lŽgrement le drap dans sa chute gravitaire vers la dalle, ˆ travers le Corps devenu "mŽcaniquement transparent". L'Žtoffe fragilisŽe va "vieillir" plus vite que le reste, d'o l'image monochrome (in Shroud Spectrum, 1999).

[50] Toutes les radiations ab”ment, plus ou moins, les fibres, alors que celles du Linceul, protŽgŽes par leurs films organiques, seraient restŽes intactes.

[51] ici, la capillaritŽ des systmes triphasiques (solide-liquide-vapeur).

[52] Pour reconna”tre un ŽlŽphant mieux vaut ne pas commencer par l'observation de sa queue.

[53] cf article de M. Alonso - MNTV n¡ 35.  

[54] au sens phŽnomŽnologique: les images sont l'effet d'une mme Cause.

[55] par exemple du visage

[56] celle de l'orage probable et du nettoyage sommaire du Corps avant la mise dans le Linceul

[57] c'est une des raisons pour lesquelles il n'y a pas de "contours" dessinŽs.

[58] par exemple les dŽcalques (humides) du sang sŽchŽ de l' e  du front, ou des giclŽes sanglantes sur les cheveux.

[59] phŽnomne qui interdit au sang de coaguler aprs la mort.

[60] on sait que c'est l'argument majeur du Dr Lavoie, "thŽoricien" de la thse de la double image..

[61] c'est-ˆ-dire collŽes par les colloides protŽiniques le long des fils mouillŽs puis sŽchŽs

[62] cf. article de M. Alonso Ð Dallas 2005 (disponible ˆ <shroud.com>).

.

[63] cf. article de M. Alonso Ð Dallas 2005 (ˆ <shroud.com>).

[64]principalement aux niveaux de la tte (cheveux, sourcils) et des jambes (par Žcrasement des contusions).

[65] Dans la RILT n¡ 30, le mode d'enveloppement du Corps a ŽtŽ excessivement schŽmatisŽ. Il devra tre repris en tenant compte d'une zone rŽduite d'alse et de la prŽsence trs probable d'un lit de sable aromatisŽ (les 100 livres achetŽes par Nicomde, sous la forme rituelle de l'Žpoque) qui permet ˆ la fois de caler le Corps, d'Žviter l'Žcrasement des parties proŽminentes du dos, et de permettre le dŽcalque fidle de l'ensemble des formes et blessures de l'ensemble dorsal.

[66] en particulier le sulfure d'hydrogne gazeux va noircir l'argent::        H2S  +  Ag  => øSAg

[67] Les Japonais pratiquent un art national depuis le moyen ‰ge: il font des GYOTAKU (empreintes de poissons). Elles sont toutes "tridimensionnelles". Cette apparence de tridimensionnalitŽ est une caractŽristique commune ˆ toutes les empreintes que nous avons analysŽes.

[68] Les unes rŽsultent de vŽritables rŽactions chimiques avec la cellulose de la fibre, les autres de produits dŽposŽs ˆ la surface, de diverses couleurs, et ayant peu affectŽ la fibre elle-mme.

[69]dans le dŽtail les fils de cha”ne sont plus blancs et luisants et ceux de trame plus sombres et "encombrŽs" de poussires et d'ombres diverses..

[70] qualifiŽe quelquefois "d'acide" par l'excellent Chimiste Adler, car paralllement une carboxylation (R-CO2H: acide carboxylique) peut se greffer sur ces cha”nes cellulosiques altŽrŽes, surtout aprs Hydrolyse, ce que nous examinons plus loin.

[71] dans l'Žquation bien connue d'ArrhŽnius.

[72] sauf en cas d'intense combustion thermique o des composŽs plus complexes ˆ fluorescence rouge apparaissent (visibles en bordures des bržlures de ChambŽry).

[73] ou assimilŽe de type R-NH2

[74] le premier exemple est celui de l'urŽe de la sueur qui, au contact de l'air, se transforme en carbonate d'ammonium. Ces cristaux se dŽcomposeront en donnant du gaz ammoniac qui pourra migrer avec l'eau en phase vapeur vers les fibres de lin, sur lesquelles il se condensera sous forme d'ammoniaque:

               O=C<NH2) 2  =>  ‰CO3(NH4) 2  => ‡NH3 + ‡H2O => NH4OH

[75] aprs lavage ˆ la Saponaire et schage, l'amidon d'ensimage des fils (selon Pline l'ancien), aurait migrŽ ˆ l'extŽrieur du tissu, o il formerait (selon Rogers) une pellicule de "polysaccharides rŽducteurs" apte ˆ tre colorŽs par l'amine primaire R-NH2 (cadavŽrine). De faon gŽnŽrale, les mŽlano•des sont des molŽcules complexes ˆ structure amini-carbonyle, rŽsultant de rŽactions complexes entre des composŽs aminŽs et des glucides .

[76] cf la gravure de lÕonction, montrant les dŽtails de l'enveloppement du Corps permettant de rŽsoudre les difficultŽs d'une restitution correcte de l'image de contact.

[77] Si malgrŽ leur imperfection, ils nous ont permis de dŽcouvrir certaines propriŽtŽs de l'image prŽsentŽes ici, nous ne pouvons que regretter que les nombreuses informations recueillies par le Cardinal Custode, ˆ l'occasion de la restauration de 2002 (scannerisation, photos en haute rŽsolution, fluorescence UV, rŽflectance, spectromŽtrie,É- cf. article de M. Alonso - MNTV n¡ 35), ne soient pas encore accessibles ˆ la Recherche, car elles auraient pu (et pourraient encore) lui faire faire d'Žnormes Žconomies de temps et d'argent, mais surtout Žviter des errements mŽdiatiques continuels et dŽplorables.

[78] "pluralitas non est ponenda sine necessitate".